Jeunesse, famille et formation
Né à Vienne, en Autriche, Roland Strasser est entré dans un monde où les arts visuels constituaient un véritable langage familial. Il était le fils d'Arthur Strasser, un homme qui exprimait sa vision tant par la peinture que par la sculpture. Cette lignée lui a offert, dès ses plus jeunes années, un socle de savoir-faire artisanal, façonnant les mains d'un enfant destiné à devenir peintre et artiste graphique. L'influence de son père a sans doute guidé ses premiers pas vers une éducation artistique formelle.
Sa formation académique a débuté dans sa ville natale, où il a étudié à l'Académie de Vienne sous la direction de Jungwirth. Cette période d'apprentissage lui a apporté les bases techniques essentielles à une carrière professionnelle. Désireux d'élargir ses horizons et de perfectionner sa technique, il s'est finalement rendu à l'Académie de Munich. De 1911 à 1915, il a travaillé sous l'enseignement d' Angelo Jank, s'imprégnant des méthodes et des perspectives offertes par l'un des maîtres les plus éminents de cette époque.
Voyages et vie en Asie
Après avoir servi comme peintre de guerre pour le k.u.k. Kriegspressequartier durant la Première Guerre mondiale, Strasser tourna son regard vers l'Orient. Ses errances prirent véritablement de l'ampleur en 1919, lorsqu'il entreprit des voyages d'étude en Hollande, au Siam, à Java et en Nouvelle-Guinée. Lors de ces premières excursions, il se sentit irrésistiblement attiré par l'île de Bali, où il s'installa pour la première fois en 1919. Ce lien précoce avec l'île allait, par la suite, définir une grande partie de son existence et de sa vision artistique.
Les années comprirent entre 1922 et 1924 le virent s'enfoncer davantage dans le cœur du continent, traversant la Chine, la Mongolie et le Tibet. Son passage par la province de Khovd fut marqué par de grands périls ; après avoir été détenu par des soldats de l'occupation russe pour suspicion d'espionnage, il fut finalement libéré. Il dut alors braver l'immensité du désert de Gobi pour rejoindre une nouvelle fois la Chine. À Pékin, le sort s'acharna lorsqu'il fut dépouillé par des soldats rebelles Changsolin, qui s'emparèrent de l'intégralité de ses précieux témoignages artistiques recueillis durant ses voyages.
Strasser finit par retourner à Bali en 1934, en quête d'une existence plus stable sous les tropiques. Il resta sur l'île jusqu'en 1945, endurant les épreuves de l'occupation japonaise. Durant ces quatre années de conflit, lui et son épouse vécurent cachés, attendant que le monde ne retrouve enfin la paix.
Vie en Europe et aux États-Unis
Après ses pénibles périples à travers les paysages d'Asie, Strasser chercha une existence plus stable en Occident. Il arriva à Londres à l'automne 1924, où ses expériences récentes trouvèrent un public réceptif. Cette même année, il y organisa des expositions qui rencontrèrent un franc succès, lui permettant de s'imposer au sein des cercles artistiques de la métropole. Cette période de stabilité fut toutefois interrompue par un retour dans sa ville natale, Vienne, en août 1927, bien que l'attrait de la scène artistique internationale finisse par le ramener de l'autre côté de la Manche.
Londres devint sa résidence principale pendant de nombreuses décennies. Il y demeura très actif, travaillant et vivant dans la ville jusqu'en 1952. Ce long séjour en Angleterre offrit un cadre immuable à une vie qui avait autrefois été définie par l'incertitude des traversées du désert et des cols montagneux. Finalement, l'appel du Pacifique l'éloigna définitivement de l'Europe. Il s'installa à Santa Monica, en Californie, où il passa ses dernières années jusqu'à son décès en 1974.
Œuvres notables et collections
Le poids de ses expériences durant la Grande Guerre s'est infusé dans ses toiles, laissant derrière lui des œuvres qui reposent aujourd'hui au Heeresgeschichtliches Museum de Vienne. Parmi celles-ci figure Kriegsgefangene Serben, une huile sur toile datant de 1914/15 environ. Son pinceau a également su capturer l'atmosphère pesante des conflits dans Nach der Schlacht, une vaste huile sur toile mesurant 209 × 260 cm, qui fait également partie de la collection du Heeresgeschichtliches Museum Wien. Une autre pièce majeure conservée dans ce musée est Das Tonalkreuz, une huile sur toile de 1917 mesurant 135 × 138 cm.
À mesure que sa vie s'est tournée vers l'Orient, ses sujets se sont transformés pour refléter les peuples et les traditions qu'il croisait sur son chemin. Son intérêt pour les coutumes insulaires se manifeste dans des œuvres telles que Balinese Legong Dancer (Penari Legong Bali). Ces peintures immortalisent la grâce singulière des danseuses qu'il a observées durant son séjour à Bali.
Questions et réponses
Puis-je étudier l'utilisation de la couleur par Roland Strasser à travers l'ensemble de ses œuvres ?
L'usage de la couleur par Roland Strasser à travers les œuvres répertoriées sur ce site peut être étudié sur la page ADN de la palette de l'artiste.
Puis-je explorer les œuvres de Roland Strasser par spectre de couleurs ?
Les œuvres de Roland Strasser peuvent être explorées par couleur sur la page Par couleur de l'artiste.
Dans quelle ville et quel pays Roland Strasser est-il/elle né(e) ?
Roland Strasser est né à Vienne, en Autriche.
