Premières années et formation
- Née : Le 8 juillet 1867, à Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad), en Russie
- Origines familiales : Fille de Karl Schmidt, social-démocrate radical et franc-maçon, et Katharina Rupp, issue d’une congrégation indépendante. Son grand-père, Julius Rupp, l’a influencée par ses enseignements sur la religion et le socialisme.
- Développement artistique précoce : A commencé à dessiner à l'âge de douze ans sous la direction de son père. Étudié avec Gustav Naujok et Rudolf Mauer à Königsberg.
- Formation formelle : A fréquenté une école d’art pour femmes à Berlin, puis a étudié à Munich (1888-89). S'est concentrée sur le dessin et la gravure.
Carrière artistique et œuvres majeures
- Mariage et déménagement à Berlin : A épousé Karl Kollwitz en 1891 et a emménagé à Berlin, où son mari exerçait la médecine auprès des pauvres.
- Thèmes initiaux : Dépeint initialement la vie de la classe ouvrière, influencée par les idéaux social-démocrates.
- Cycle des Tisserands (1894-1898) : Une série de gravures inspirées de la pièce de Gerhart Hauptmann « Les Tisserands », dépeignant l’oppression et la révolte des tisserands silésiens. Ce cycle lui a apporté une reconnaissance considérable.
- Cycle de la Guerre des Paysans (1902-1908) : A exploré la guerre des paysans allemands du XVIe siècle, reflétant les thèmes de la rébellion et de l’injustice sociale.
- Première Guerre mondiale et perte personnelle : La mort de son fils Hans pendant la Première Guerre mondiale a profondément affecté son œuvre, conduisant à un intérêt pour le chagrin et le deuil.
- Œuvres notables : « Mort avec une fille dans ses bras », « Vieux homme avec une corde au cou », « Tour des mères ». Ces œuvres se caractérisent par leur imagerie austère et leur intensité émotionnelle.
Style et influences
- Concentration sur la gravure : A principalement travaillé à la pointe sèche, à la lithographie, à la gravure sur bois et au dessin.
- Expressionnisme : Bien qu’initialement enracinée dans le réalisme, son art est étroitement associé à l’expressionnisme en raison de ses émotions brutes et de ses formes simplifiées.
- Influences : La série de gravures « Ein Leben » de Max Klinger a été une influence significative sur son œuvre précoce. Les pièces de théâtre de Gerhart Hauptmann ont également inspiré plusieurs de ses cycles majeurs.
- Maîtrise technique : A maîtrisé les techniques de la gravure, utilisant l'aquatinte et le papier de verre pour créer des effets dramatiques de lumière et d’ombre.
Reconnaissance et vie ultérieure
- Adhésion à l'Académie prussienne : A été la première femme élue à l'Académie prussienne des arts en 1919.
- Persécution nazie : A été contrainte de démissionner de l’Académie en 1933 sous le régime nazi, et son œuvre a été interdite.
- Sculpture ultérieure : Au cours de ses dernières années, elle a créé des sculptures en bronze et en pierre, continuant à explorer les thèmes du chagrin, de la perte et de la résilience.
- Décès : Décédée près de Dresde pendant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale en 1945.
Héritage et signification historique
- Voix des opprimés : L’art de Kollwitz est devenu une voix puissante pour la classe ouvrière, les victimes de la guerre et ceux qui souffrent d’injustice sociale.
- Pionnière expressionniste : Elle est considérée comme une figure majeure de l’expressionnisme, influençant des générations d’artistes par son imagerie chargée d’émotion.
- Impact durable : Son œuvre continue de résonner auprès du public aujourd'hui en raison de ses thèmes universels de perte, de chagrin et de la condition humaine.
- Musées et mémoriaux : Le musée Käthe Kollwitz à Berlin et d’autres institutions conservent et exposent son art, assurant ainsi sa postérité.


