Gregorio De Ferrari: A Lyrical Voice of Genoa’s Baroque
Gregorio De Ferrari (1647 – 1726) occupe une place essentielle dans le baroque génois, incarnant son mélange unique de grandeur et de délicate lyrique. Né à Porto Maurizio, en Italie, il suivit un parcours artistique initié par des études juridiques mais rapidement guidé par une vocation pour la peinture – une voie tracée par l’enseignement du célèbre artiste génois Domenico Fiasella, considéré comme le plus brillant de son temps. Cette période formative lui inculqua les résonances stylistiques de Giovanni Andrea De Ferrari et Giovanni Battista Casone, établissant ainsi une fondation pour sa propre vision artistique évolutive.
Le style monumental de Fiasella exerça une profonde influence sur l’œuvre précoce de De Ferrari, notamment dans son travail collaboratif sur Saint Clare Repulsant les Saracens (1667), commandée pour l'église paroissiale de Montoggio. Ce projet révéla le talent émergent de De Ferrari et démontra sa volonté d’embrasser des entreprises artistiques ambitieuses. Il affina également ses compétences lors d’une période passée à la cathédrale de Parma, où il réalisa des fresques quadratura – peintures décoratives qui embellissent les plafonds – une technique défendue par elle-même Correggio. Ici, De Ferrari se détourna volontairement de l'échelle imposante de Fiasella, privilégiant plutôt un style plus personnel et expressif caractérisé par des allongements gracieux et des mouvements spiraux des figures – influences indéniablement issues des innovations sculpturales de Filippo Parodi et Bernardo Schiaffino.
Retournant à Gênes, De Ferrari rejoigna les studios Casa Piola dirigés par Domenico Piola, un foyer d’expérimentation artistique et d’innovation. Ensemble, ils abordèrent des projets monumentaux tels que la décoration de Basilique della Santissima Annunziata del Vastato, fusionnant la luminescence éclatante de Correggio avec des éléments stylistiques issus de Cortona et Castiglione. Cette esprit collaboratif favorisa un échange dynamique d'idées, façonnant les œuvres ultérieures de De Ferrari – notamment Saint Gaestano (1674) et Saint Andrew (1675) – qui reflétaient l’engagement du studio à repousser les limites artistiques.
La fascination de De Ferrari pour Correggio dépassait la simple imitation stylistique ; il copia avec précision des fresques provenant de la coupole de la cathédrale de Parma, notamment « Repos sur le voyage en Égypte » et « La Vierge avec Saint Jérôme et Madeleine », assurant ainsi leur emplacement légitime dans la collection de Mengs – une preuve de l’esprit artistique de De Ferrari et de son engagement avec les courants intellectuels de son époque. Son œuvre révèle une sensibilité remarquable à l'harmonie visuelle et au mouvement, reflétant les tendances stylistiques plus larges de la période. À terme, Gregorio De Ferrari consolida sa légende comme l’un des peintres baroques génois les plus marquants, laissant derrière lui un corpus d’œuvre qui continue de captiver les publics contemporains.