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Agostino Cornacchini

1686 - 1754

Informations clés

  • Died: 1754
  • Also known as:
    • Cornacchini
    • Agostino
  • Copyright status: Public domain
  • Art period: Époque moderne précoce
  • Top-ranked work: Hope
  • Plus…
  • Born: 1686, Pescia, Italie
  • Top 3 works:
    • Hope
    • The Infant Christ Asleep, Adored By Two Angels
    • Equestrian Statue Of Charlemagne
  • Lifespan: 68 years
  • Works on APS: 3
  • Nationality: Italie

Quiz d'art

Chaque question ne comporte qu'une seule bonne réponse.

Question 1:
Dans quelle ville Agostino Cornacchini a-t-il principalement exercé au cours de sa carrière ?
Question 2:
Quel est considéré comme le chef-d'œuvre d'Agostino Cornacchini ?
Question 3:
Qui a apporté à Cornacchini un soutien financier et un atelier au début de sa carrière ?
Question 4:
Où peut-on également trouver les sculptures de Cornacchini ?
Question 5:
Dans quelle période artistique Agostino Cornacchini a-t-il été actif ?

Premières années et débuts florentins

Agostino Cornacchini, né dans la ville toscane de Pescia le 27 août 1686, vit le jour dans un monde imprégné de traditions artistiques. Bien que les détails entourant la jeunesse de sa famille demeurent quelque peu évanescents, leur installation à Florence vers 1697 témoigne d'une ambition pour le jeune Agostino et d'une reconnaissance des opportunités offertes par la scène artistique vibrante de la cité. C'est là, à l'âge de onze ans, qu'il intégra l'atelier de Giovanni Battista Foggini, un sculpteur éminent favorisé par Cosimo III de' Medici, Grand-Duc de Toscane. Cet apprentissage s'avéra fondateur, plongeant Cornacchiente dans le style baroque tardif et dramatique alors prédominant dans les ateliers florentins, tout en lui inculquant une maîtrise technique exceptionnelle.

L'influence de Foggini fut considérable ; il était renommé pour son ornementation élaborée et ses compositions dynamiques. Durant ces années formatrices, Cornacchini absorba non seulement des techniques de sculpture, mais aussi un goût prononcé pour l'esthétique raffinée chère à la cour des Médicis. Les premières commandes commencèrent à affluer, révélant un talent naissant. Notamment, vers 1709, l'antiquaire anglais John Talman choisit Cornacchini pour réaliser des dessins des monuments les plus célèbres d'Italie — un témoignage de sa réputation croissante et de ses capacités d'observation. Une statue de marbre de Clément XI, datée de 1710 et conservée aujourd'hui dans la cathédrale d'Urbino, vint consolider davantage sa position au sein de la communauté artistique.

Triomphe romain et patronage papal

L'année 1712 marqua un tournant décisif dans la carrière de Cornacchini lors de son voyage vers Rome. Ce déplacement fut facilité par son oncle, le cardinal Carlo Agostino Fabbroni, qui lui fournit généreusement un atelier et un soutien financier pendant les huit années suivantes. S'établir au sein de la demeure d'une figure aussi influente fut déterminant, lui ouvrant l'accès à un réseau de mécènes et d'opportunités qui allaient définir sa trajectoire artistique. Le patronage de Fabroni permit à Cornacchini de se concentrer intensément sur le développement de son propre style, s'affranchissant des contraintes de sa formation florentine.

Rome, creuset d'innovations artistiques, favorisa une transformation profonde dans l'œuvre de l'artiste. Il rejoignit la prestigieuse Accademia di San Luca en 1712 et fut nommé directeur en 1720 — signe manifeste de son ascension au sein des cercles artistiques romains. Les commandes papales suivirent rapidement, notamment de la part de Clément XI et Benoît XIII. Ces projets incluaient la restauration de sculptures antiques au sein même du Vatican, ainsi que la création de figures religieuses destinées aux églises de Rome et d'Orvieto. Cette période vit l'œuvre de Cornacchini évoluer vers une sensibilité rococo plus calme et élégante, privilégiant les formes douces et une grâce raffinée face au mouvement intense et aux jeux d'ombre dramatiques caractéristiques du baroque précédent.

La statue équestre de Charlemagne : un chef-d'œuvre de perspective

La carrière de Cornacchini atteignit son apogée au début des années 1720 avec la commande de la colossale statue équestre de Charlemagne en marbre. Cette œuvre monumentale, achevée en 1725 et installée au pied de la Scala Regia — le grand escalier menant au Palais Apostolique au Vatican — s'impose comme son chef-d'œuvre incontesté. La statue n'était pas seulement une prouesse artistique ; elle portait un poids politique significatif, symbolisant les relations florissantes entre Rome et la France sous le règne de Benoît XIII.

Placée face à la célèbre statue équestre de Constantin réalisée par Gian Lorenzo Bernini, la figure de Charlemagne par Cornacchini offrait un contraste saisissant de style et d'approche. Tandis que l'œuvre de Bernini incarne le dynamisme baroque, la sculpture de Cornacchini se distingue par son incroyable mise en scène perspective — une combinaison de décors en stuc et de mosaïques créant une illusion de profondeur et de grandeur. L'asymétrie et la direction délibérée du regard du spectateur attirent l'attention sur les qualités décoratives de la pièce : les motifs complexes de la cape de Charlemagne, les subtils coups de trépan ajoutant de la texture à sa barbe et ses cheveux, ainsi que les boucles en volutes de la crinière du cheval. Cette manipulation magistrale de l'espace et de la forme illustre la capacité unique de Cornacchini à mêler exubérance et intimité — une marque de fabrique de la sculpture romaine du début du XVIIIe siècle.

Années tardives et héritage éternel

Au-delà de la statue de Charlemagne, Cornacchini continua de recevoir d'importantes commandes tout au long des années 1720 et 1730. Il acheva un groupe sculpté en marbre représentant l'Espérance pour la chapelle du Monte di Pietà, et son travail orna les églises d'Orvieto — notamment l'exquis Ange Gardien en marbre (1729) au sein du Duomo — ainsi que la Basilique de Superga à Turin vers 1730. Sa polyvalence s'étendit aux thèmes mythologiques, comme en témoigne l'Endymion endormi (1716), aujourd'hui conservé au Cleveland Museum of Art.

Agostino Cornacchini s'éteignit à Rome en 1754, laissant derrière lui un héritage qui fit le pont entre les traditions de la sculpture baroque et l'élégance émergente du Rococo. Son influence résonna à travers les générations suivantes d'artistes, particulièrement ceux qui bénéficièrent de son leadership à l'Accademia di San Luca et qui furent inspirés par ses commandes papales novatrices. Il demeure célébré pour la grâce de ses sculptures, ses contributions à l'art ecclésiastique romain et, plus notablement encore, pour la puissance et la beauté intemporelles de sa statue équestre de Charlemagne, véritable témoignage de son génie et de sa vision.